Heure d’hiver… Quelle économie d’énergie ?

Deux fois par an nous devons tantôt avancer nos horloges d’une heure, tantôt les reculer de l’heure que nous avions gagnée… Pourquoi un tel ramdam ? Cela fait plus de quarante ans que cela dure, que cela perturbe les organismes et les organisations…

L’idée de base est née du constat que notre organisation sociale était en décalage avec le cycle du soleil. Les journées étaient déséquilibrées, débordant largement après le coucher du soleil.

Si l’on prend une journée type, avec un lever à 7 h et un coucher à 22 h 30 (quand le film du soir ne dure pas deux heures), cela donne une journée de veille de 15 h 30. Or, à part au solstice d’été, l’éclairement naturel en France est inférieur à notre besoin de lumière.

Avec l’heure officielle de l’époque calée à GMT+1 (notre heure d’hiver aujourd’hui) il apparaissait que nous étions en retard d’une bonne heure sur le soleil en début d’été (en fait, près de deux heures pour les bureaux et les commerces). Avancer l’heure officielle d’une heure permettait de récupérer une heure d’éclairage gratuite, d’où une économie d’énergie…
C’est le passage à GMT+2.

Oh ! Cette économie porte sur quelques mois, entre le milieu du printemps et le milieu de l’été. L’hiver la lumière naturelle est bien plus courte et, comme pour une couverture, ce que l’on gagne d’un côté se perd de l’autre.

Revenir à GMT+1 en hiver n’apporte aucun gain d’énergie par rapport à rester à GMT+2, comme en été.

Si l’on regarde de plus près ce que touche le changement d’heure au sein de la journée d’activité et non globalement, l’on constate qu’en période « hivernale » la tombée de l’obscurité touche principalement les activités libres, celles que l’on pratique après le bureau et avant le dîner. Cela concerne notamment les activités périscolaires et les déplacements des enfants pour se rendre à ces activités et en revenir.

Outre que le bilan énergétique global peut être affecté par le développement de ce temps libre (passage de la durée légale du travail de 40 à 35h – une heure quotidienne de moins de boulot pour une heure d’activité libre), il y a une question de confort et surtout de sécurité qu’il importe de prendre en considération…

Alors pourquoi continuons-nous à changer d’heure deux fois par an ?

En réaction au choc pétrolier de 73 les pouvoirs publics devaient donner corps au slogan : « Nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées ! » Or, des idées, nous n’en avions pas tant que ça. Alors, il fallait les faire durer.
Si l’État avait décrété que l’heure officielle en France serait une fois pour toutes calée à GMT+2 (été comme hiver), qui se souviendrait de cette mesure aujourd’hui ?
Tandis que d’instaurer un rituel en ramenant l’heure officielle, chaque hiver, à ce qu’elle était initialement glorifiait l’action de l’État par un message subliminal implicite : nous vous demandons des efforts pour la bonne cause…

Il est peut-être temps de mettre fin à ces contraintes fastidieuses et inutiles et de choisir une heure unifiée pérenne, qui optimise l’utilisation de la clarté naturelle, notamment pour les activités diverses et périscolaires…

Et pourquoi pas à aller au bout de la logique, en adoptant un calage horaire à GMT + 2 h 30 ?

(Climat & Avenir : 28 octobre 2017)

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4 réponses à Heure d’hiver… Quelle économie d’énergie ?

  1. Papoum dit :

    Je suis pour l’horaire d’été une bonne fois pour toutes (GMT + 2H)
    mais proposer GMT 2H 30 me choque !

    • Climat & Avenir dit :

      Je comprends. Nous n’avons pas l’habitude de raisonner ainsi.
      Il s’agit là d’une invitation à approfondir la question du choix d’une heure officielle pour que tout le monde s’y retrouve, de Brest à Strasbourg et de Dunkerque à Perpignan ou Ajaccio.
      Ce n’était pas le propos de cet article, qui se limite à démontrer l’inutilité du changement saisonnier de l’heure et, accessoirement, un certain manque de réflexion face à la force d’inertie des habitudes…

  2. Erik dit :

    Evident, la complexité du passage à l’heure d’hiver crée un gaspillage.
    Il ne faut pas négliger non plus l’impact sur le moral. Rentre chez soir dans la nuit après une journée de travail est dépriment pour beaucoup.

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