Inconséquence climatique…

La question climatique tourne souvent à la discussion de comptoir. On y va de grandes déclarations, de grandes certitudes auxquelles s’opposent d’aussi grandes réfutations. On jure, on se moque, on alerte, on amalgame, on s’emporte…

Bref ! On se querelle et l’on tourne en rond.

Revenons alors aux fondamentaux. Je ne vous demande pas de me croire sur parole. Testez, expérimentez et faites-moi part de vos conclusions.


1 – Principe de causalité

« À une action sur un système se produit une réaction de ce système ! » L’on a tous appris cela à l’école ou au collège. L’action est la cause, qui a pour conséquence la réaction du système.

Si l’on tient une balle de tennis entre le pouce et l’indexe, la pression exercée (action) sur la balle la maintient entre nos doigts (réaction). Si l’on écarte les doigts (action), la balle tombe vers le sol (réaction), sous l’effet de la gravité terrestre…

Les équilibres thermiques reposent sur le même principe.

Prenez une casserole pour porter de l’eau jusqu’à tout juste frémir (pour préparer un thé, par exemple). Si l’on diminue la puissance de chauffage sous la casserole (action), le frémissement faiblit et cesse (réaction). Si, au contraire, on augmente la puissance de chauffage (action), un bouillonnement de plus en plus important va apparaître (réaction)…

Pour plus de démonstration, je vous invite à faire l’expérience avec du lait. Là, l’action d’augmenter la chaleur sous la casserole aura pour réaction de faire déborder le lait de celle-ci, avec des conséquences bien plus contraignantes pour le ménage…

C’est un peu ce qui se passe avec le réchauffement climatique anthropique que nous connaissons.

2 – Le déséquilibre thermique dû aux activités humaines

La Terre connaît depuis quelque huit mille ans une stabilité inédite de sa température de surface (son biotope), qui a permis à nos ancêtres de sortir des cavernes, d’inventer l’agriculture et d’édifier toutes les civilisations antiques connues…

C’est le “juste frémissement de l’eau du thé”…

Mais, avec la révolution industrielle, aux XVIIIe siècle, et principalement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les activités humaines ont fait un usage croissant des énergies tirées des entrailles de la Terre. Cette chaleur* s’ajoute au bilan thermique naturel de la Terre ! On augmente la chaleur à dissiper (action), ce qui entraîne une augmentation de la température d’équilibre (réaction).

*La chaleur est la forme dégradée de toute énergie (désordre maximum de l’agitation moléculaire).

Cela marche exactement comme le chauffage de votre logement. Si vous augmentez la puissance de la chaudière ou des convecteurs, toutes choses égales par ailleurs, la température du logement va s’élever jusqu’à trouver un nouvel équilibre entre la chaleur entrante, par le système de chauffage, et la chaleur sortante du logement (toit, murs, fenêtres…)

Cela n’a rien de surnaturel. C’est au contraire parfaitement prévisible et même prédictible…


3 – Estimation de l’élévation de la température d’équilibre de la planète due aux activités humaines…

La température d’équilibre de la Terre, issu du bilan naturel, essentiellement sous l’effet du rayonnement solaire*, est d’environ 15 °C, soit 288 K, en température absolue.

*En toute rigueur, il faudrait intégrer la chaleur tellurique, venant du noyau de la Terre et de son manteau, dont les régions froides sont les portes de sortie vers l’espace. Toutefois, ceci étant intégré dans la température d’équilibre, on peut ne pas en tenir compte pour estimer l’élévation thermique due à l’action de l’Homme.

L’exploitation des énergies endogènes (non issues du Soleil) est d’un peu plus de 16 TW (donnée 2014), qui s’ajoutent au bilan naturel de la Terre, de quelque 170 000 TW.

Cet apport d’énergie conduit à une élévation de la température terrestre de 2,7 °C/siècle, avant même qu’intervienne un quelconque effet de serre…

Si cette première estimation est assez grossière, elle amène trois observations majeures sur le réchauffement climatique :

  1. Quelque soit l’importance du ratio des énergies endogènes par rapport à l’apport solaire (soit environ 0,0094 %, en 2014), cela entraîne inéluctablement une élévation de la température d’équilibre de la Terre.
  2. Aucun instrument scientifique n’a une sensibilité suffisante pour mesurer directement le réchauffement anthropique.
  3. Le réchauffement climatique ne peut alors s’apprécier que sur le long terme (plusieurs décennies, comme dans le rapport onusien : Rio+20, qui indique un ∆T de + 0,4 °C entre 1992 et 2010).

Cette première estimation nous encourage à regarder de plus près la façon dont peut se produire le réchauffement climatique sous l’action des activités humaines. Or, l’élévation de la température d’un degré Celsius par siècle de toute la troposphère, là où se produisent les effets météorologiques, nécessite seulement 1,3 TW…

Cela conforte l’ordre de grandeur de la première estimation et pointe une responsabilité de premier rang vers l’exploitation des énergies endogènes dans le réchauffement climatique.


4 – Quid de l’effet de serre ?

Dès sa création, en 1988, le GIEC n’a envisagé qu’une seule hypothèse pour expliquer le réchauffement climatique, celui de l’effet de serre, s’appuyant sur le rapport Hansen de la NASA, publié quelques mois plus tôt…

La principale faiblesse de la théorie de l’effet de serre est de ne reposer que sur des simulations mathématiques, sans corroboration physique… Ainsi, en 1909, Robert W. Wood a invalidé expérimentalement la théorie de l’effet de serre proposée par Svante Arrhénius, en 1896, pour montrer que les échanges thermiques au sein d’une serre était principalement du fait des courants convectifs établis par le déplacement de l’air chauffé au contact du sol et refroidi à la surface de la verrière (espace confiné)…

Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas d’interactions moléculaires dans le rayonnement infrarouge (dit “d’effet de serre”), mais que son importance est à revoir à la baisse, pour tenir compte de phénomènes plus complexes que ceux pris en considération dans un modèle théorique…


5 – L’arbre qui cache la forêt

Le CO2 est une molécule stable, qui reste à l’état gazeux, partout dans l’atmosphère. Il s’en suit que sa concentration est mesurable, y compris dans la haute atmosphère, quand la vapeur d’eau se cantonne à la troposphère…

Alors que 80 % des énergies endogènes sont d’origines fossiles, le CO2 est un assez bon traceur de l’activité humaine. L’on peut légitimement faire un parallèle entre le réchauffement climatique et l’activité humaine, via ce marqueur*.

* Une corrélation semblable pourrait être faite avec la production d’acier ou de béton…

En conclure, qu’il y a causalité est par contre abusif. Même si le CO2 a un comportement singulier vis-à-vis des infrarouges lointains, il n’est qu’un élément parmi tant d’autres pouvant avoir un impact sur le climat, comme les énergies endogènes et le cycle de l’eau…

Son impact est donc à revoir à la baisse, en même temps que les phénomènes thermiques propres à la troposphère doivent être considérés à leur juste place…

Suffit-il de faire la chasse au CO2 pour échapper au réchauffement climatique ?
La France se targue de sa faible émission de gaz à effet de serre, grâce à son parc nucléaire. Or, celui-ci émet autant de chaleur et génère autant de vapeur d’eau pour refroidir ces centrales que les énergies fossiles.
La vertu de la France ne repose que sur la focalisation que l’on fait sur le carbone…


6 – Un arbitrage nécessaire

Rapport après rapport, le GIEC révise systématiquement à la hausse les prévisions issues de son modèle mathématique…

Cette dérive est-elle un signe de confiance de la représentativité de leur modèle de simulation ?

Nous avons vu, plus haut, que l’exploitation des énergies endogènes entraîne un réchauffement de la température d’équilibre, à la surface de la planète, pouvant aller jusqu’à 2,7 °C par siècle*…

*Cette valeur ne peut qu’augmenter proportionnellement au recours aux énergies endogènes pour satisfaire la demande des pays émergents et faire face à l’explosion démographique du demi-siècle à venir…

Et là, il ne s’agit pas d’une spéculation, mais de l’application du principe fondamental de la conservation de l’énergie. Les discussions éventuelles porteront sur le taux et le mode de dissipation, mais pas sur le principe même.

S’il y a effet de serre, celui-ci ne peut que s’ajouter à celui des énergies endogènes, qui sont produites au sein même du biotope dans lequel on constate les effets du réchauffement climatique…


7 – Il est grand temps de recenser les différentes causes du réchauffement climatique, introduites par les activités humaines.

D’autres phénomènes introduits par les activités humaines agissent sur le climat. L’on peut citer les perturbations du cycle de l’eau, régulateur climatique crucial. La combustion du pétrole produit, en volume, autant de vapeur d’eau que de CO2… Cette vapeur d’eau s’ajoute à celle contenue dans l’atmosphère par vaporisation des cours d’eau et des océans, mais aussi des canaux d’irrigation, des fontaines et autres piscines domestiques…
Les activités industrielles, agricoles et domestiques contribuent à une forte augmentation de la vapeur d’eau dans l’atmosphère, tandis que le durcissement des sols et l’urbanisation pénalisent la régénération des nappes phréatiques…

Ce sont là autant de facteurs qui modifient les climats locaux et, de proche en proche, le climat global…

L’appréciation de leur impact est à établir…

En attendant, on peut remarquer qu’à des périodes de sécheresse importantes succèdent des périodes de fortes précipitations…

Il est grand temps de sortir d’une position dogmatique du réchauffement climatique dû à un seul facteur : l’effet de serre, pour avoir une approche plus réaliste, sans doute plus humble quant à notre capacité à la modéliser…

Nous reviendrons plus à fond sur ce sujet dans un prochain article.

8 – Arrêtons de tergiverser

La prise en compte des lois fondamentales de la physique implique l’augmentation de la température avec l’afflux de chaleur.

Cela devrait convaincre les climato-septiques les plus incrédules. Il n’est pas nécessaire d’attendre des effets indiscutables, c’est une question de logique. Le réchauffement est aussi prévisible que lorsqu’on allume le chauffage de nos logements…

Cela devrait également faire redescendre les spécialistes du GIEC sur Terre… Que vaut un modèle mathématique, aussi sophistiqué qu’il soit, s’il ne prend pas en compte les lois de la physique ?

L’on ne peut sortir de la crise climatique que si l’on coupe la source qui l’alimente, à commencer par la première d’entre elles : l’exploitation des énergies endogènes, celles qui s’ajoutent au bilan thermique naturel de la Terre…

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