Une évolution nécessaire de l’analyse climatique

Sans doute aurez-vous observé que nous avons développé un scénario du réchauffement climatique sous l’influence des activités humaines de l’ère industrielle sans parler de CO2 ni d’effet de serre…

Vous avez bien vu. L’effet de serre ne semble pas incontournable pour expliquer comment l’Homo Industrius est capable de saboter sa planète. L’exploitation des énergies endogènes (c’est-à-dire issue de ressources terrestres, indépendantes du soleil) présente un scénario qualitativement et quantitativement suffisant.

Nous avons là deux approches radicalement différentes, dont nous allons essayer de présenter brièvement les principales idées.


1 – Une vision d’astrophysicien

La thèse très officielle de l’effet de serre repose sur 5 grandes idées :

  1. Un équilibre thermique de l’interaction Soleil-Terre (a) ;
  2. Une action de barrière de la Tropopause entre les couches basses et hautes de l’atmosphère, semblable à une serre (b) ;
  3. Une signature dans l’infrarouge lointain de certains gaz, dont le CO2, correspondant au rayonnement thermique de la Terre (c);
  4. L’accroissement de la concentration de ces gaz depuis la révolution industrielle, et plus particulièrement depuis le milieu du XXe siècle ;
  5. La longue durée de vie du CO2 (qui en fait le gaz à effet de serre emblématique), qui donne un aspect irréversible au réchauffement climatique…

Il en vient deux conséquences importantes :

  • Seuls les échanges thermiques par rayonnement sont pris en compte ;
  • La Troposphère, où les transferts convectifs sont primordiaux, est exclue…


2 – Une vision d’énergéticien

L’originalité de la thèse des énergies endogènes tient en 5 points principaux :

  1. La prise en compte de toutes les sources d’énergie, en plus du Soleil, dans le bilan thermique de la Terre :
    1. la chaleur interne de la Terre ;
    2. l’exploitation des énergies endogènes depuis la révolution industrielle ;
  2. La planète n’est jamais en équilibre thermique. Cette notion de déséquilibre est importante pour comprendre son histoire climatique, comme son avenir ;
  3. Le suivi pas-à-pas de la dissipation des énergies endogènes, de leur source à l’observation  des effets du réchauffement climatique ;
  4. Les courants convectifs, propres à la Troposphère et aux océans, sont la manifestation de déséquilibres thermiques au sein même de notre biotope ;
  5. La présence d’eau et son rôle de régulation thermique. Mais également son implication dans tous les phénomènes climatiques qui nous affectent…


3 – Confrontation de ces deux visions

Lorsque l’on observe une planète lointaine, on peut approximer sa température en posant quelques hypothèses simplificatrices : elle est en équilibre thermique constant et se comporte comme un corps noir[1].

Comme l’on ignore la composition de son sol, on cherche des preuves indirectes d’une activité sismique ou de présence de vie. À cet égard, la composition de l’atmosphère permet d’échafauder des hypothèses. Les couches supérieures de l’atmosphère ont des signatures spectrales qui donnent une bonne idée de leur composition chimique.

Pour les planètes proches, comme Vénus et Mars, l’on a très vite envoyé des sondes pour analyser plus précisément la composition du sol et des basses couches de l’atmosphère pour s’enquérir de leur habitabilité (en vue d’une exploration humaine ultérieure) et d’éventuelles traces de vie.

C’est là toute la différence entre l’approche « spatiale », à partir d’un modèle mathématique dans lequel on injecte quelques données à distance (vues de l’espace), et la vision « endogène », issue d’une exploration in situ, infiniment plus riche en informations…

Le recours à des outils d’exploration de planètes lointaines (voire d’exoplanètes) a pu être utile dans un premier temps, à la prise de conscience du réchauffement climatique et de son origine anthropique du réchauffement climatique.

L’on a aujourd’hui des milliers de collaborations internationales qui permettent de dresser une carte de plus en plus détaillée des indices du réchauffement climatique. Il est dommage de ne pas les exploiter pour comprendre les mécanismes climatiques et expliquer les hétérogénéités observées sur le terrain.

Le CO2 a été un bon traceur des activités anthropiques (c’est-à-dire de l’Homme de l’ère industrielle, dans toute la diversité que cela représente), mais il ne doit pas rester l’arbre qui cache la forêt.
On est comme dans un spectacle d’ombres chinoises. Si l’on veut comprendre ce qui se passe vraiment, il faut regarder de l’autre côté du voile (allias la Tropopause).

Il est temps de changer de modèle de représentation du réchauffement climatique.

Il faut comprendre que le CO2 est un produit de combustion exothermique, c’est-à-dire qui dégage de la chaleur ! C’est cette chaleur, de nature endogène, qui déplace le bilan thermique de la Terre, responsable du changement climatique.

Cette chaleur est émise au sein même de notre biotope, un espace infime, de quelques dizaines de mètres en dessous et au-dessus de la surface du globe, de la racine à la canopée des arbres. C’est un espace complexe, à la limite des éléments : terre – air – eau, précisément là où l’on enregistre les effets du réchauffement climatique…

Le développement de nouveaux modèles climatiques est nécessaire pour rendre compte des interactions des éléments hétérogènes que l’on trouve dans le biotope et dans la troposphère, qui le baigne.
À défaut, l’on prend le risque de prendre des options qui aggraveront la crise climatique…
Mais surtout, l’approche endogène montre que le réchauffement climatique n’est pas irréversible. Encore faut-il disposer des bons indicateurs pour prendre les bonnes décisions…

[1] Un corps noir absorbe tout le spectre électromagnétique et rayonne lui-même dans une gamme de longueur d’onde dépendant de sa température propre.
Ne pas confondre avec un trou noir, qui absorbe toute la matière qui passe à sa proximité.

Références :
a – http://www.ipcc.ch/publications_and_data/ar4/wg1/fr/faq-1-1.html
b – http://www.climatechange2013.org/images/report/WG1AR5_SummaryVolume_FINAL_FRENCH.pdf
[voir note 14, en page 13]
c – http://www.ipcc.ch/publications_and_data/ar4/wg1/fr/faq-2-1.html
(Climat & Avenir : 1er février 2018)
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